VSF TriathlonLa Ferté Bernard (72)

Mon premier swim run : le Troll Enez morbihan !!!

Depuis le swimrun fertois organisé de main de maître par Bruno et Will, je souhaitais en faire un cette année. Plusieurs occasions manquées : la Costa brava, trop touristique (et en plus arrivée sur des plages naturistes, cela aurait été trop chocking for me), Angers (trop froid), Vassivières (en même temps que le championnat du monde de Saint Calais. Restait le Troll Enez avec la traversée du golfe du Morbihan.
 
A priori très tentant, mais
42 km de CAP et 6 km de nage en pleine mer
, j’avais des doutes sur mes capacités natatoires entre autres. M’enfin, fallait bien plonger, et pour seulement 135 € - ah oui, ça pique un peu ! - on tente l’aventure avec 3 binômes : nos batraciens (Will et Bruno), Denis et Alan, Cyrille et moi même.
 
Départ vendredi, pour les vacanciers, et samedi pour les travailleurs (Cyrille, Alan et moi), de bonne humeur. Will nous avait organisé un petit WE aux oignons avec Bruno à la cuisson des pâtes, tout un art et à la fin, malgré les « moqueries » de son binôme, excellentes !
 
Dimanche matin, lever à 4h45, départ en fanfare à 5h30 pour briefing par un couple de commandos haut en couleurs à 6h30. Là, deux nouvelles lancent les hostilités dans le duel annoncé entre nos trois équipes : cette année sera l’année des coureurs avec 2,5 km de CAP en plus et 600-700m à minima de nage en moins (marée basse à l’arrivée) ! Will et Bruno, nos batraciens nous regardent de travers, Cyrille et moi commençons à imaginer un scénario pour les titiller sur la course….
Dernier élément annoncé : la dernière traversée à la nage se passera sur une vasière en fonction de la hauteur de la marée...et le commando de nous prédire une fin de parcours d’enfer avec un passage direct après la ligne d’arrivée par un lavage intégral !!!. Ah , ces commandos bretons, toujours à en rajouter avec une dernière citation du capitaine : température de l’eau identique à température extérieur avec humidité à 100 % : temps idéal. Bref la course était lancée mais nous étions relativement confiants…même si il y avait une barrière horaire à respecter de 5h15 à 13 km de l’arrivée.
 
Après nous avoir déposés sur l’Ile d’Arz, début de la course, nous voici lâchés avec 75 autres binômes sur cette magnifique île sur laquelle un petit rayon de soleil (que l’on ne verrait pas de la journée) aurait mis encore plus en valeur. Donc premier tronçon rallongé de 2,5 km (hum, ça donne des ailes…) avec trois tactiques dès le départ : Will et Bruno aux avants postes, Denis et Alan en mode diesel pour finir à bloc et récupérer les binômes au fur et à mesure, et puis nous en embuscade. Et nous décidons avec Cyrille de passer à  l’attaque au 3ème km, malgré déjà une allure correcte (4’30 au km, à priori), on dépasse nos batraciens pour au moins voir une photo de nous devant (il y avait un photographe juste après, pas folles les guêpes…). Puis sur la lancée, on continue en s’interrogeant sur la pertinence de partir vite alors qu’il reste 40 km….Arrivés à notre première mise en l’eau avec 1-2 minutes d’avance (en 7-8ème position, trop fort!!!), nous partons pour 750 m (plutôt 800-900 avec le courant) d’une nage comment dire, très compliquée : je ne vois rien avec mes lunettes, ma combi est ouverte (oui j’ai oublié qu’il fallait la fermer…), Cyrille avec toute sa délicatesse explose son bonnet et j’essaie tant bien que mal de suivre ses chaussures fluo jaunes qui vont à droite, à gauche. Bref ce fut très long. Et quand nous sortons péniblement de l’eau nos deux petits batraciens s’échappent déjà dans la forêt…
 
Deuxième portion : 4 km puis 750 m de nage. Nous repartons sur de bonnes bases à pied (!) et après 2 km nous revenons sur nos compères avec un Will, qui ne semblent pas au mieux. En tant que soutien moral à notre binôme de club (qualité essentielle qui tient particulièrement au coeur de notre président), nous décidons…d’accélérer et de prendre de l’avance, parce que nous avions bien compris que nous paierons cher à chaque natation. Et ce fut encore la cas, avec une deuxième nat, un peu mieux mais mouvementée (vague, courant) avec Cyrille qui m’envoie par deux fois sur un voilier...Bref nous voyons encore que nous ne sommes pas au mieux dans l’eau et que par contre beaucoup de binômes nous dépassent.
 
3ème portion : >L’instant de vérité avec 14 km de CAP puis un enchaînement en 3-4 fois de plus de 3 km de nat. Donc pas d’hésitations, il va falloir prendre beaucoup d’avance sur les 14 km pour espérer toujours titiller nos batraciens.
Après un rapide échange verbal d’amabilités et d’encouragements adaptés au contexte (Cyrille est à ce titre très bon!) au 3-4ème km, nous poursuivons sur notre lancée sur une bonne allure, mise à part les 4-5 derniers un peu plus escarpés où je sens de moins en moins Cyrille souffler dans mon cou…, ça pioche un peu, et moi qui m’inquiète (un peu) de l’enchaînement natation à venir.
 
La partie natation ou l’ultime effort pour rester dans la course !
D’abord 500 m avec un courant assez fort où j’ai failli égarer Cyrille (j’exagère un peu, mais je sors avec 50 m d’avance. Serais je devenu un vrai nageur ou Cyrille s’est perdu dans son orientation ? Deuxième option retenue car déjà nos batraciens nous repassent sous le nez, on les repasse sur un enchaînements de cailloux, et même on reste devant sur une traversée de nage annoncée à 250 m, qui se résume à 50 m à gué (trop facile, Bruno est désespéré!!!). Puis arrive l’enchaînement 1500 +1000 !!!
On démarre devant, facile, bonnes sensations, à priori toujours aussi lent puisque l’on voit qu’à mi parcours nos batraciens nous double relativement facilement, avec Will tracté par Bruno. Mais à la sortie du 1500, ils sont juste devant. Waouh, là on a été bon !!! (en fait on apprendra après que Will ne pouvait pas sortir de l’eau, saisi par les crampes il a du attendre (selon ses dires) qqs minutes (probablement en fait qqs secondes) pour sortir de l’eau. Décidément la nage en mer avec un peu de houle, il y a du travail. On ne lâche rien, on poursuit et à la fin des 1000m on aperçoit notre binôme chéri sur les quais (on est revenu sur le continent) avec 400-500 m d’avance.
 
 Cyrille est confiant repart de plus belle et passe la deuxième bien décider à rattraper Will et Bruno sur les 3,5 km à venir. On se rejoint juste avant la mise en l’eau de 300-400 m en eau calme et la fameuse barrière horaire ! Et là, on sent que la tendance s’inverse, nous ne perdons que 50 m dans l’eau et nous sortons sur leurs baskets avec le chrono qui affiche 4h42 !, plutôt étonné de notre temps (nous n’avions aucune montre ni l’un ni l’autre, de vrai compétiteurs à l’ancienne, tout au feeling). Une pensée pour Alan et Denis, cela leur laisse 1/2 heure, même si ils sont partis doucement, cela devrait le faire (ils passeront en 5h05, facile!). Le temps de se ravitailler tranquillement, nous laissons notre couple s’échapper et prendre un peu de distance. Cyrille remet les gaz alors que 1 h avant, il était dans le dur, autant sur le départ du 10 km on repart sur un bon tempo du genre 12-13 km/h. J’ai du mal à suivre, et l’on rattrape nos batraciens sur le 1er km, toujours avec les mêmes encouragements de part et d’autre, et Cyrille continue à envoyer, je commence à m’inquiéter sur ma capacité à tenir les 10 km. Mais au bout du 2ème environ, changement régime, problème de motorisation, notre pro de l’ACO  commence à sentir une bonne (grosse) baisse de régime). Pas de soucis, on s’adapte, je respire un peu mieux et on repart sur un train plus adapté. Malheureusement pour Cyrille, j’aperçois devant nous, 4-5 équipes sur une grande ligne droite, je force un peu l’allure, l’élastique se tend entre nous deux mais toujours pas de Hop, hop, hop, donc on enchaîne les km et on rattrape 6-7 équipes avec mon Cyrille qui n’a même pas le plaisir de découvrir un beau troupeau de vaches au détour du canal. Dur, dur, mais il est résistant le bougre. Sur le canal opposé nous croisons à distance nos compères, avec Will qui s’accroche pour finir sa journée de labeur et arrive même à nous encourager à distance.
 
Dernier épisode : 400 m de vasière ou le dernier combat de Cyrille.
Nous arrivons à la dernière natation, annoncé 900 m, puis 600 m au briefing matinal, et là on démarre avec 50-80 m en marchant dans la vase, puis ouf on se met à nager dans 50 cm d’eau (et là Cyrille reprend espoir pour se refaire la cerise) et puis après 50 m nos plaquettes butte dans la vase, on relève la tête et là on découvre tout un ensemble de binômes englués, envasés...Il reste au moins 200m à traverser. On essaie toutes les techniques, debout, sur le dos en glissage, à 4 pattes, en brasse….On avance tant bien que mal, j’arrive à la fin à accéléré et me relève pour sortir de ce merdier. En me retournant, je constate que mon binôme est planté à 70-80 m du rivage, une jambe en l’air. Il me semble avoir souri, puis rigolé franchement avec les bénévoles, et puis après quelques minutes hésité entre aller le chercher ou attendre que la marée fasse son œuvre pour l’extirper de ce bourbier. Mais petit à petit, il se relève et sort (un peu furibond) de la zone, et nous repartons tout doucement pour nos 3 ultimes km. Autant nous étions pas trop mal avant, mais après cette lutte, nous étions ramassés, en plus de s’être fait dépasser par les 6-7 équipes que l’on avait déposé sur la CAP (ils arriveront avec 8-10 minutes d’avance !). Mais tant bien que mal, on repart et on termine notre périple en 6h18 (on aurait pu passer sous les 6 h sans cette vase, mais bon….) en 22ème position (grosse surprise) fatigués, plein de vase mais heureux de cette belle journée.
Will et Bruno passent ensuite en 6h29 (34ème), et Denis-Alan en 6h49 (52ème). Les premiers auront boucler l’affaire en 5h28.
 
Bilan :
pas de triomphalisme (excessif) évidemment à l’arrivée mais pour une première entente et expérience pour moi, ce fût un vrai bonheur et une vraie belle découverte de cette discipline. Bravo à nos batraciens et en particulier à Will pour avoir terminé son périple, car j’imagine que dans la portion de vase cela a du être terrible. Quant à Denis et Allan, ils étaient aux anges et ravis de terminer en pleine forme cette édition que Denis n’avait pu terminer la première fois.
 
Au final, une épreuve magnifique qui aurait mérité un petit brin de soleil sur les ïles, mais superbement organisée, avec une convivialité d’enfer et un vrai esprit d’entraide (même si on sentait une petite compétition entre qqs binômes…, loin de nous cet esprit). Et l’enchaînement CAP-NAT est incroyablement régénérant, et permet de faire des distances respectables sans voir le temps passé (ou presque...)
 
Merci à vous , compagnons swimrunneurs, et en particulier à mon binôme de choc pour cette journée mémorable, et à la recherche pour l’année prochaine d’un futur spot de Swim Run, pourquoi pas la Costa Brava (si le parcours ne change pas!, je serai ravi de découvrir tous les charmes cachés de certaines petites criques... )
 

Thierry

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