VSF TriathlonLa Ferté Bernard (72)

TROLL ENEZ, une belle experience

Le swimrun...  une nouvelle discipline venue du nord de l’Europe..? Il y a un peu moins d’un an, au hasard de mes recherches d’informations sur les triathlons longues distances, je tombe sur une vidéo/ reportage d’un swimrun «l’otillo »(otillo signifierait en suédois d’île en île).
 
C’est quoi en fait le swimrun… ? En fait il n’y a rien de plus simple… Tu nages, tu cours, puis tu recommences…sauf que tu nages avec tes chaussures de running et tu cours avec ta combinaison de triathlon… et ça se fait en binôme !!!
Sur la vidéo, les compétiteurs sont équipés d’une combi de tri, d’un pullbuoy et de plaquettes…
Je trouve le concept plutôt intéressant.
 
En fouinant un peu, je tombe sur l’organisation d’un swimrun dans le Morbihan.
Ils annoncent une épreuve de 50 km dans le magnifique parc naturel du golfe du Morbihan mais je m’imagine que nous sommes trop loin de ce pays de vikings et que cela n’intéresse personne par chez nous !!! Et bien détrompez vous !!!
Quelques mois plus tard je reçois un SMS de Wilfried…celui-ci me demande de regarder un site internet qui parle d’un swimrun organisé en Bretagne «  le premier swimrun de cette distance organisé en France » et qu’il serait partant si cela m’intéressait !!! Je n’ai même pas pris le temps de regarder le site puisque j’avais toujours dans un coin de ma tête un dossier swimrun et je lui ai répondu qu’il pouvait dès à présent compter sur moi… et voilà comment nous nous sommes retrouvés dans l’aventure « swimrun » du troll enez Morbihan.
 

Quelques triathlètes, Denis (qui fera équipe avec son cousin breton) et Muriel et Sophie vont se joindre à nous pour cette nouvelle expérience.
Nous avons recherché des informations sur le matériel à utiliser et les distances à couvrir, les informations se faisaient plutôt rares mais il ne faut pas oublier que ce type de course n’est pas répandu sur notre territoire…et dans le cercle de nos connaissances, personne qui soit allé en Europe du nord pour en faire.
Pour l’aspect matériel, rien de bien particulier. Il y a un pullbuoy, des plaquettes, la combinaison,... Et pour les distances, les organisateurs du Troll Enez Morbihan annoncent 42 km en course à pieds (avec une section mini de 100 m et maxi de 14,5 km) et 9 km en natation (avec une section mini de 100 m et maxi de 1,5 km).
 
Dans un premier temps nous organisons des séances d’entrainements type swimrun sur de petites distances sur la base du lac de la Ferté Bernard.
Les premiers enchaînements vont nous servir de test, d’étalonnage…
Nous nous apercevons très rapidement que cette discipline est bien différente de celle du triathlon.
Ce qui change le plus c’est peut-être la répétition des transitions qui n’ont pas grand-chose à voir avec les sorties à l’australienne que les triathlètes connaissent puisque certaines sections de course à pieds font entre 9 et 14 km !!!
Ah si !!! Parmi les paramètres qui peuvent déstabiliser, il y a le fait de nager avec nos chaussures ce qui nous interdit tous battements des jambes…et donc tout se reporte sur les bras !!!
Progressivement chaque binôme va se préparer dans un esprit d’équipe ou l’un veille sur l’autre et vice et versa… Et à force de le répéter, même Wilfried avec son célèbre « on va tout casser !!! » a fini par accepter le fait que je sois dans son équipe !!!! J
Durant ces entrainements nous serons accompagnés par d’autres triathlètes comme Joachim, Daniel, Franck, Cyrille…qui à leur tour semblent séduits par la discipline amphibie !!!
 
Il y a une chose qui est plaisante…c’est d’observer sur le visage des promeneurs que l’on pouvait croiser, l’étonnement de nous voir dans cet accoutrement nager courir puis re-nager et recourir et ainsi de suite… Je me rappelle la tête d’un gars qui se rendait au stand de tir de la Ferté (à environs 5/6 km en pleine campagne pour ceux qui ne connaissent pas !!!), un dimanche matin lorsqu’il a vu passer ce petit groupe drôlement équipé !!!
Comme le dit Denis, « rien que pour ça, j’aime bien le swimrun !!! ».
Dans un second temps, environ trois semaines avant l’épreuve, nous avons programmé un entrainement long de 29 km (27 de CAP et 2 de natation)…histoire de se rassurer à la fois sur nos performances et surtout sur notre cohésion au sein du binôme des Batraciens (ah oui, j’ai oublié de vous signaler que pour le Troll Enez Morbihan, tous les binômes doivent se choisir un « pseudo »… pour Denis et son cousin, c’est les Berniques, pour les filles c’est les Tépacap et pour nous les Batraciens). A la fin de cette séance d’entrainement, le moral est au beau fixe sans pour cela minimiser les difficultés qui nous attendaient !!!
Comme pour les triathlons longues distances, plus nous nous approchons de l’épreuve et plus nous avons l’appréhension de nous blesser, d’être malade…ce serait « ballot » de gâcher toutes ces heures de préparation!!!
Et pourtant c’est là, à un peu moins de trois semaines du but que Denis s’est blessé au mollet lors d’une séance de course à pieds…La tuile, la catastrophe !!!
Il va choisir de complètement supprimer les entrainements de course à pieds pour laisser son mollet au repos…
Progressivement sa douleur va diminuer et va finir par disparaître.
A deux semaines de la compétition, les deux organisateurs nous glissent par le biais de leur site internet, les premières sections de l’épreuve. On commencera par 6 km de course et 700 m de natation et le reste on ne le saura que la veille de la course.

 
A deux jours de la course nous nous retrouvons tous, dès le vendredi soir, dans une location de la ville de Sarzeau. Une grande maison bien agréable qui nous accueillera tous les dix.

Le samedi, nous le passons à préparer les prochains repas, à nous promener en bord de mer, à plaisanter…ça nous occupait l’esprit et l’on oubliait presque l’épreuve qui nous attendait le lendemain matin.  

En fin de journée nous sommes allez chercher nos dossards (ou plutôt nos chasubles).
On retrouve un peu l’ambiance des triathlons longues distances avec ces petits groupes de sportifs et d’accompagnants qui se toisent, qui estiment le niveau des uns et des autres par des critères physiques, ou « vestimentaires » qui ne seront pas forcement des plus fiables.
L’organisation nous dévoile la carte de l’épreuve… enfin !!! On commence à avoir une idée plus précise de ce qui nous attend. On essaie de retenir l’ordre et la distance des différentes sections, certaines pensent à faire des photos pour réviser toute la nuit. (Malignes, les Tepacap !!!))
Nous avons droit à un rapide briefing et déjà on peut percevoir le bon état d’esprit des membres de l’organisation et des bénévoles.
 
De retour à la location, nous enfilons notre équipement pour une séance « photos souvenirs »…et voilà la pression qui remonte pour certains et qui à tendance à faire ressortir les vieux démons…Vous allez facilement reconnaître de qui je veux parler avec son … « on va tout casser !!! » Wilfried, c’est ça ! Il est remonté comme jamais et j’ai peur que demain il oublie que je suis son équipier !!!
                                           
Le soir on se prépare un bon repas de triathlète, des pâtes à gogo, on prépare nos affaires pour demain matin et au lit car le réveil sera réglé pour 4 heures.
Dring,dring !!! C’est le grand jour !!!
4h : nous sommes tous à nous affairer, à nous équiper ou à manger notre dernière platée de … pates bien sûr !!!
5h : nous arrivons à Séné, à la salle de sport qui sera également notre lieu d’arrivée. De là, des bus emmènent toute cette troupe à Vannes pour prendre un bateau.
 
A son bord les 210 concurrents sont bien calmes et concentrés sur ce qui les attend.
Les organisateurs tentent malgré tout de nous détendre en plaisantant et l’ambiance est au beau fixe…vers 7 h, il fait encore nuit noire lorsque nous sommes débarqués sur l’île d’Arz.
Le traditionnel briefing nous apporte les dernières consignes de sécurité et nous rappelle qu’il y a une barrière horaire à respecter.

Avec Wilfried, nous nous sommes positionnés en première ligne et nous encourageons les deux autres binômes fertois d’un clin d’œil, d’un geste de la main !!!
A 7 h 30, des bénévoles éclairent notre zone de départ à l’aide de fusées de détresses rouges et nous voilà partis pour notre périple... pour notre premier swimrun !!!.
La première section en course à pieds fait 6 km (de type « trail »comme la majeure partie des sections de course à pieds) et rapidement le peloton s’étire… notre allure est trop rapide : 4’45’’ au lieu des 5’15’’ initialement prévus mais nous maintenons cette allure…le jour se lève progressivement et les paysages sont superbes…
Denis se blessera au mollet dès le troisième kilomètre et ce sera le début de son calvaire.
 
Nous arrivons à la section de natation N°1 (700m) : la mise à l’eau se fait sans hésitation (au fait, je me suis rapidement aperçu que l’eau était… salée !!! et que sa température devait être de 15 à 16 °C) et Wilfried part rapidement comme bon nombre d’équipes…c’est normal on est encore bien frais !!!
A la sortie de l’eau, comme à chaque sortie de l’eau, des bénévoles très sympas nous attendent avec un ravitaillement de qualité.

La section N°2 en course à pieds (4,5 km) : notre allure se régule progressivement sur ces chemins côtiers, il y a du dénivelé et à cette heure matinale, nous ne croisons que quelques chasseurs…A la fin de cette section notre allure rentre dans ce que nous avions prévu …ouf !!!
Nous quittons l’île d’Arz…
 
La section de natation N°2 (800m) : la mer est un peu plus haute mais toujours calme (Denis en vieux loup de mer qu’il est nous a assurés que nous allions avoir une mer d’huile, un véritable lac !!!). Wilfried part de nouveau en trombe et déjà les équipes sont moins nombreuses.
A chaque natation, des canoës, des jets, des zodiacs nous accompagnent. Quelque part, c’est rassurant !!!
 
La section N°3 en course à pieds (14,5 km) : nous arrivons sur l’île aux moines et c’est la section la plus longue de la journée. L’île est magnifique et sans vraiment faire du tourisme nous profitons allégrement de la vue…l’allure est réglée et notre binôme avance régulièrement sur un terrain parfois assez accidenté !!!
Il y a un ravito au 8ème km et tout en nous restaurant, nous complimentons les bénévoles pour ce qu’il faisait pour nous… du service êêêê  !!!
Nous repartons sur une allure qui se régule avec le dénivelé que nous devons franchir et cela commence à mettre Wilfried en surchauffe… peu importe, nous nous adaptons !!! Et petit à petit nous arrivons à la fin de cette section …ça, c’est fait !!!
On est heureux de pouvoir nous mettre à l’eau. J’encourage Wilfried en lui faisant remarquer que l’on allait aborder une partie de la course qui devrait nous être favorable (avec de bonnes sections de natation entrecoupées de petites sections de course à pieds)
 
A cet instant nous sommes pointés à la 25ème place.
 
La section de natation N°3 (300m) : nous quittons l’île aux moines pour rejoindre l’île d’Holavre. La mer semble un peu plus formée, le vent s’est levé et chacun de notre côté nous repensons à ce que notre vieux loup de mer nous avait annoncé… une mer d’huile, un véritable lac !!! J
Nous arrivons assez rapidement sur cette île d’Holavre.
 
La section N°4 en course à pieds (0,2 km) : nous contournons cette petite île par les rochers…attention aux chevilles !!!
Et nous nous remettons assez rapidement à l’eau.
 
La section de natation N°4 (1000m) : nous sommes guidés par les bénévoles qui nous informent que pour rejoindre l’île Logoden (la grande) nous devons viser la gauche de l’île pour avoir une chance d’atteindre la droite de l’île où la flamme de sortie de l’eau nous attend !!! Et oui en plus, maintenant nous avons du courant latéral !!!
Nous nous élançons sur cette longue section et notre allure est plus régulière et comme prévu, nous revenons sur quelques équipes… C’est bon ça !!!
Par contre, le froid commence à faire des ravages et des concurrents sont obligés de se relever et s’accrocher aux bateaux de l’organisation car ils sont frigorifiés dans cette eau mouvementée … après coup, on imagine mieux le courage dont a fait preuve Denis avec son problème au mollet !!!
L’arrivée sur l’île Logoden (la grande) est un peu particulière et nous avons l’impression de traverser un champ d’algues.
 
La section de natation N°5 (100m) : c’est sans doute la plus petite section de natation mais avec les conditions délicates que nous rencontrons, ça reste une épreuve à passer !!!
 
La section N°6 en course à pieds (0,6 km) : L’île Logoden (la petite) n’est pas très longue et nous passons par un banc de sable en bordure de l’île ; ça change des rochers !!!
Une fois au bout de l’île, un bon ravito nous attend avant la section de natation la plus délicate et la plus longue… Alors il est sage de bien s’alimenter.

La section de natation N°6 (1500m) : nous quittons l’île Logoden (la petite) pour rejoindre la terre ferme mais le chemin est long…
Nous devons viser dans un premier temps un bateau rouge au loin puis virer à bâbord pour rejoindre la flamme de sortie de l’eau!!!
 
Plus facile à dire qu’à faire avec ce courant et surtout avec la température de l’eau qui maltraite nos jambes qui restent à l’horizontale presque sans mouvements.
Nous avançons régulièrement mais je suis frigorifié, je grelote dans l’eau et pour me réchauffer j’accélère sur environ (sans prévenir mon binôme, une chose à ne pas faire…promis Wilfried je le referai plus !!!) 50 m.
Sur cette longue section, Denis a dû trouver ça long, très long…
 
La section N°7 en course à pieds (3,5 km) : Nous sommes bien contents de toucher la terre ferme.
Les bénévoles toujours aussi prévenants nous informent de ce qu’il nous reste à faire et après un rapide ravitaillement, Wilfried part en trombe ! Je me demande quelle mouche l’a piqué !!! Nous revenons au contact d’une équipe, puis deux et là je lui conseille de reprendre un rythme plus calme en vue de ce qu’il nous reste à parcourir…
Un petit coup d’œil à ma montre et à l’approche de la barrière horaire je constate que nous avons près d’1 h 30 d’avance…
 
La section de natation N°7 (1000m) : Elle se fait dans une eau plus calme mais toujours froide bien sûr !!!    Nous devons nager entre les bateaux qui sont au mouillage avant d’apercevoir la flamme de sortie de l’eau.
Nous passons la barrière horaire avec 1 bonne heure d’avance et les bénévoles nous annoncent que nous sommes à la 12 ème place (entre les abandons et les équipes que nous avons remontées, cette partie de la course avec des sections de natation plus difficiles nous a été plutôt favorable !!!).
Les filles passeront également cette barrière horaire sans encombre…Yes !!! Et malheureusement, c’est là que Denis jettera l’éponge…
 
La section N°8 en course à pieds (9 km) : Des encouragements bien fournis de la part de nos accompagnants, un ravito et nous voilà repartis… enfin… pas tout à fait : nous n’avons plus de sensation dans les jambes et nous trottinons un peu mécaniquement !!! Cette section nous amène quasiment dans le centre-ville de vannes où de nombreuses personnes sont installées en terrasse et à cet endroit Wilfried aurait bien aimé un ravito !!!
Nous finissons nos 9 km en régulant notre allure et deux équipes en profiteront pour nous remonter…
 
La section de natation N°8 (800m) : « La » dernière section de natation. Nous la passons en gérant au maximum car nous avons un peu d’avance sur l’équipe qui est derrière nous et aussi parce que nous avons encore une section de course à pieds de 3,5 km pour finir l’épreuve.
La section N°9 en course à pieds (3,5 km) : Nous entamons cette toute dernière section avec un moral en béton et à l’approche de la salle de sport de Séné, nous savons que notre place de 14 sera définitive.
 
C’est un grand plaisir de préparer et de finir ce type d’épreuve avec son binôme et cela va nous laisser de nombreux souvenirs.
Une épreuve à refaire et à faire connaître !!!
Un grand merci à nos entraineurs de natation (Romain) et course à pieds (Guy et Francky) qui nous ont bien préparés. Et bravo à Muriel et Sophie pour leur performance !
Denis et son cousin, qui doivent être bien déçus de ne pas avoir pu terminer leur course, seront les bienvenus pour en préparer un autre avec nous.
D’ailleurs nous sommes déjà prêts à repartir pour un nouveau swimrun !!! N’est-ce pas Wilfried ?