VSF TriathlonLa Ferté Bernard (72)

ALex, finisher au Chtriman 226 (Ironman de Gravelines)

Un jour le 05 juillet 2015,
 
Quand en Décembre 2014, j’ai annoncé à ma femme que nos vacances se passeraient à Gravelines dans le département du NORD et que, en plus, c’était pour m’aligner sur mon 1er IRONMAN, je n’ai pas vraiment senti un engouement débordant… Mais plutôt une certaine curiosité !
Quand, en plus, j’ai affiché dans la cuisine le 1er mois de mon plan d’entraînement, j’ai ressenti comme une pointe d’ironie dans ses yeux !
C’est vrai qu’avec le recul, je ne sais pas si c’est la course qui est vraiment difficile ou plutôt le volume d’entraînement qu’il faut se coller pour être confiant le jour J.
C’est donc le 18 Janvier 2015 que commence la préparation (il faut bien digérer les fêtes…). Le compteur de la balance affiche 101.8 kg et j’ai vérifié les piles !! Quelques 6 mois plus tard et après 160 km de natation, 1 600 km de vélo et 400 km à pieds, ce qui représente environ 160 heures d’entraînement, ce maudit compteur affiche 87 kg. Je me sens en pleine forme, prêt à relever mon plus gros défi sportif à ce jour !
Nous arrivons donc en famille le 03 juillet au camping « les clairettes » nom prédestiné pour moi (ce qui me connaissent comprendront) dans la charmante bourgade d’Oye plage. Installation effectuée, nous nous rendons sur le site du triathlon le lendemain pour les courses jeunes. Tout se passe bien, il fait 22-23°C quand le reste de la France est à au moins 35°C, ça va le faire pour le lendemain jour de MA course. Un seul point noir : LE VENT !!!
Etant originaire de Charente-Maritime, le vent, près de la mer, je connais et me suis entraîné avec depuis tout petit. Mais là, c’est perpétuel à partir de 10h du matin. Les gens de là-bas disent que le vent souffle 2 fois : une fois pour amener la pluie et une fois pour la faire partir ! Sauf qu’entre les 2 ça souffle quand même…
Donc je me couche le samedi avec une petite appréhension due au vent et je sais dans ma tête que même si le parcours est annoncé plat, je risque d’être un peu court.
Donc après une bonne nuit, levé 4h avec ma petite femme pour le petit déjeuner. Madame veut se faire du pain grillé et bam, le compteur saute, plus de courant dans le mobil-homme. Impossible de remettre en route, je pique une lampe solaire dans les fleurs du voisin et on finit de manger à la bougie… la journée commence bien
6h, arrivé sur le site (le vélo a été déposé la veille), je m’installe, prépare mes affaires, attends la confirmation des arbitres que l’eau est bien en dessous de 24°C (elle est à 23.4°C) OUF !
6h50, dernier petit bisous à ma douce, je vois dans ses yeux qu’elle est confiante et moi aussi. Il fait bon, il n’y a (pas encore) de vent, la journée ne peut que bien se passer ! Mon seul objectif est de faire moins de 16h, je suis donc détendu mais concentré.
7h, le départ est donné, nous sommes environ 180 à nous élancer et même si la distance est longue, ça se bouscule quand même au départ… 200 m après, je trouve mon rythme. Demi-tour en 33 min, je me dis que le moins de 1h10 est jouable. Ce sera 1h11 au final, j’ai un peu coincé sur le retour. Il faut dire qu’une ligne droite de 1 800 m, c’est long…
Après une transition de 5 min, me voilà sur le parcours vélo. Le départ se passe bien, pas de vent, je m’étonne de voir la moyenne au-dessus de 32 km/h la 1ère heure, j’ai beau me dire de ralentir, je me sens bien, et puis de toutes façons, « tout ce qui est pris n’est plus à prendre ! »
Comme je l’ai dit, le parcours était annoncé plat. OK, mais il y a quand même 2 belles patates dont une, vraiment raide sur 800 m, la côte de Watten (porte bien son nom…).
Nous voilà donc au 70ème avec le retour vers Gravelines et là, changement de situation, le vent s’est levé et on le prend pleine face… Dans ma tête c’est dur car je sais qu’il va falloir le prendre également à partir du 140ème et qu’il sera encore plus fort.
Je boucle le 1er tour en 2h55, ma mère, ma femme et les enfants sont là pour m’encourager et ça me fait chaud au cœur. Je récupère mon ravito perso (2 sandwiches au jambon) et c’est reparti pour 90 bornes. Je suis toujours bien jusqu’au 120ème où un énorme orage éclate. Des trombes d’eau, de la grêle, des éclairs, la foudre qui tombe à 300 m de nous… Je vois des coureurs qui s’arrêtent sous les abris bus ou dans les granges pour se mettre à l’abri !! Ça durera 30 min, je suis trempé, il fait froid, mais c’est mon jour et j’en ai tellement bavé à l’entraînement que je n’ai pas le droit de lâcher. De plus, j’arrive à conserver une bonne moyenne (pour moi) ce qui me met du baume au cœur.
Et tout doucement on arrive au 140ème, là où au 1er tour j’en avait vraiment bavé avec le vent. J’attendais ce moment avec inquiétude mais à ma grande surprise le vent a baissé, certainement suite à l’orage, le retour se fait donc mieux que prévu et je boucle le parcours en 6h00 pile. Là, dans ma tête, je me dis que si je fais le marathon en 4h40 (9km/h) je peux faire moins de 12h, chose inespérée au départ.
Me voilà donc parti pour le marathon et ses 4 boucles où on pouvait voir l’affichage des kilomètres sur le bas-côté… C’est aussi très dur de passer au 10ème kilo et de voir le panneau 42 kms que vous n’atteindrez que dans 3 tours…
Je fais le 1er 10 km en 1h06 donc dans le rythme, je suis super confiant d’autant que le démarrage en CAP s’est bien fait, je n’ai pas de douleur. Comme il pleut je n’ai pas pu me changer à la transition puisque ma tri-fonction nagée seule dans le bac plastique en compagnie de mes chaussettes et mes chaussures…
Au 14ème km, j’ai un coup de moins bien, dans la tête c’est dur, je fais un rapide calcul 42 -14, il me reste 28km à courir, je prends un grand coup… Je me souviens de ce que m’avait dit Bruno Déplacé : « garde un objectif proche comme le prochain ravito, un virage, etc… » J’ai beau me forcer, je suis dans le dur. Ça va continuer jusqu’au 18ème ! En plus, il pleut, le vent est de retour et j’ai froid…
A la fin de la 2ème boucle (21ème), je retrouve le moral, je n’ai jamais couru de distance plus longue et je suis curieux de savoir ce que ça fait !! Chaque km est une fierté. Je croise les enfants en vélo, ma mère, ma femme. Je double même des concurrents…
Au 32ème, il reste 1 boucle et je sais que je n’arriverais pas sous les 12h, il ne me reste qu’1h pour le dernier 10 km, ça ne passera pas. Mais qu’importe, le soleil est de retour (grâce au vent !!), je sais que je vais exploser mon objectif de temps, que je vais finir un marathon, que je vais finir mon 1er IRONMAN.
J’en finis donc avec ma fille en 12h08, fourbu mais heureux.
Je profite de cet article pour remercier ma femme, mes enfants, ma mère, mon père qui de là-haut doit être fier de son rejeton. J’ai roulé avec son vélo avec lequel il a été champion de France de Triathlon et Duathlon Vétéran en 1997 et 1998. J’ai beaucoup pensé à lui durant l’épreuve.
Je voulais aussi remercier les coachs : Valérie, Romain, Guy et les 2 Stéphane.
Je n’oublie pas non plus mes compagnons de galère : Bruno Déplacé, Mickaël Gonsard, Bernard Trouillot et tous mes camarades de club qui m’ont encouragés durant l’année.
Je n’avais jamais ressenti un tel accomplissement personnel. Je souhaite de tout cœur à tous ceux qui liront ces lignes de vivre la même chose. Et pourquoi ne pas le vivre ensemble l’année prochaine ? Car c’est certain, j’y retournerai !!!
 
Alex