VSF TriathlonLa Ferté Bernard (72)

Bruno, Finisher de l'IronMan de Nice ... et bien plus.

IRONMAN de NICE : Y croire même si cela doit me prendre 10 ans et FINIR.
 
  • 12 Novembre 1965 : Naissance du petit Bruno Déplacé à Nogent le Rotrou
  • Juin 1976 : Après une lourde chute de vélo, je me fracture le coude gauche pour la deuxième fois en moins d’un an. Le chirurgien fera de son mieux mais je perds définitivement quelques degrés d’amplitude.
  • Mai 1988 : 10 ans de tennis ont eu raison du cartilage de mes genoux. Passionné de sport, la mort dans l’âme, je raccroche mes baskets, range mes raquettes et mes rêves « d’exploit ».
  • 12 Novembre 2005 : A l’ occasion de mon quarantième anniversaire, nous ressortons les albums photos. Le verdict est sans appel : moins de cheveux (je vais m’y faire), plus qu’un seul abdominal (vous voyez ce que je veux dire) et je suis obligé de m’arrêter quelques instants en haut des escaliers pour reprendre mon souffle. C’en est trop, je dois reprendre le sport mais que faire.
  • Décembre 2005 : Sur les conseils de mon rhumatologue, j’achète un vélo de route. D’après lui les genoux devraient tenir, et si je ne prends pas de chute, le coude aussi.
  • Janvier 2006 : Première licence au VSL Mamers ou je rejoints le groupe des L (loisirs). Deux années complètes me seront nécessaires pour enfin suivre le rythme imposé par ce groupe de retraités...
  • Juin 2008 : Alors que je suis à deux doigts de laisser tomber mes bonnes résolutions, je découvre sur stade 2 un reportage sur un sport de barge à travers l’IRON MAN de Nice. De la folie douce. Même si cela doit me prendre dix ans, je me mets de nouveau à rêver, à espérer, à croire tout simplement en moi.
  • Juillet 2008 : L’excitation passée, j’essaye de faire la synthèse des qualités requises à cette folie. Vélo : Trop facile, Course à pied : Cela devrait le faire, Natation : il y a de la natation dans ce sport, vous êtes certain ? Le doute s’installe mais l’optimisme reste de rigueur. Je sais maintenant par quoi commencer.
  • Fin 2008 : Première licence au VSF La Ferté Bernard, premier entrainement de natation et première désillusion. Nadine m’arrête après 5 mètres : vous ne savez pas nager ! Je réponds : bien sûr que si, je sais brasser. Nadine réponds : donc vous ne savez pas nager ! Heureusement Karl était là pour me réconforter et me lancer : Vous savez Monsieur, la natation, il n’y a pas de secret : soit vous commencez à 6 ans soit vous mesurez 1, 90. Le chemin du retour fut très long…
  • Avril 2009 : Je parviens enfin à faire 100m en crawl sans m’arrêter. Le VSF découvre que je suis capable de reculer lors des séances de battement de jambes. Sept ans après je n’arrive toujours pas à faire 25 m dans cette position.
  • 20 juin 2010 : Je me lance et participe à mon premier triathlon : St Calais (750m, 20 km & 5). Je découvre avec stupéfaction que je ne vois pas dans l’eau plus loin que le bout de mes doigts et qu’il va donc falloir s’orienter en plus de nager. Je comprends aussi à mes frais que ma place pour le départ n’est surtout pas dans le milieu du paquet mais bien en dernière ligne. Quelle bande de brutes ces triathlètes… 1h26 plus tard, je boucle ma première « compétition », je suis vidé. Je mesure à quel point ce sport est difficile et sera chronophage si je veux progresser.
  • 03 Juillet 2011 : Fort de ma longue expérience acquise lors de mes trois premiers triathlons… je prends le départ du CD du Mans (1,5 km, 40 km & 10). C’est bien la natation en rivière, le courant cela aide… mais cela ne me donne toujours pas le droit de me mettre dans le paquet. 2h53 plus tard, je termine dans les 15 derniers, mais c’est de toutes façons ma première belle satisfaction.
  • 19 août 2012 : J’ose m’inscrire au CD de la Ferté Bernard avec ses terribles côtes du taureau et du tertre. Je croise Bernard, il vient m’encourager mais aussi m’annoncer que nous n’aurons pas le droit à la combinaison. Ce point du règlement m’avait complétement échappé, je pense un instant ne pas prendre le départ. Mon fils me demande ce qu’il se passe, je prends mon courage à deux mains, regarde ma combinaison rangée dans son beau sac et me lance la gorge nouée. 3h06 me seront nécessaires pour boucler ce CD. Là encore dans les 25 derniers mais quelle fierté.
  • 2013 : Nouvelle année, nouveaux défis. Longue Distance de Mansigné (1,9 km, 90 km & 21) bouclé en 6h08 et Marathon de La Rochelle fini en 4h05. Même si mes progrès ne sont pas extraordinaires, je progresse toujours, à mon rythme… Je me donne deux nouvelles années, une pour vaincre mes vieux démons que sont la natation en mer et affronter à vélo des cols mythiques et la deuxième pour me lancer sur la distance IRON MAN
  • 30 juillet 2014 : Mon premier gros défi : L’alpes d’huez avec ses 2,2 kilomètres de natation dans une eau à 13° mais limpide (combinaison et double bonnets obligatoires), ses 115 km de vélo (3000 m de dénivelé positif) avec un finish au sommet de l’un des plus mythiques cols du tour de France et enfin son semi-marathon à plus de 1850 m d’altitude. Objectif : 8h30, cela sera 9h25 mais le sentiment d’avoir franchi une nouvelle étape.
  • Aout 2014 : je suis spectateur des championnats de France paratriathlète à LA FERTE BERNARD. Magnifique, Incroyable! Je n’en reviens pas devant tant de courage et de détermination. Je viens de comprendre l’adage : à cœur vaillant rien n’est impossible. Ces hommes et ces femmes viennent de me donner une belle leçon de vie.
  • 06 septembre 2014 : Alex Babin, fidèle compagnon d’entrainement et ami nous inscrit au longue distance de Royan. Je découvre de nouvelle sensation, l’incidence des courants, la présence de bêtes curieuses et gélatineuses (méduses). Il me donne l’opportunité de vaincre mes derniers doutes. 6h01 après, je sais que je suis capable d’aller à NICE. Reste à se préparer pour FINIR.
  • 01 décembre 2014 : Début de ma préparation
  • 26 Juin 2015 : Je boucle ma préparation et pars avec famille et amis sur NICE. Je me demande si j’en ai fait suffisamment, me réconforte en me disant que plus n’était pas possible. Je me contenterai donc de mes 83 km de natation, 3400 km de vélo (32 000m de D+) et 400 km de course à pied. Au total plus de 130 entrainements et 247 heures à faire du sport par tous les temps pendant ces 7 derniers mois. J’essaye de me convaincre que si je ni arrive pas, je n’aurais rien à regretter mais au fond de moi je dois aller au bout et finir pour moi, pour mes enfants, pour ma femme qui supporte tout cela depuis si longtemps.
  • 28 juin 2015 : NICE et ces 3,8 de natation (sortie à l’Australienne après 2,4 puis une deuxième boucle de 1,4), 180 km de vélo dans le magnifique et très exigeant arrière-pays (2000 m de dénivelé +) et enfin son marathon sur la promenade des Anglais. Fébrile je m’équipe de ma combinaison et rejoints Anthony Denis sur la ligne de départ. 2700 hommes et femmes sont prêts à en découdre, le départ est lancé, j’attends que la meute s’éloigne avant de prendre à mon tour le départ. Curieusement, je me sens rassuré, je prends le temps de penser à ma nage, les bouées se succèdent et je boucle ma natation après une ou deux tasses et quelques coups en 1h20. La zone de transition comme le parc à vélo sont énormes et je pars en me disant que je viens de boucler ma plus longue séance de natation de toute ma vie. Je suis à ce moment-là comme sur un nuage. L’arrière-pays Niçois va très vite me ramener à la réalité du moment et je dois mettre tout à gauche pour gravir les premières difficultés. 6h55 plus tard je termine le vélo, prends le temps de me changer et de discuter avec les miens. Mon fils saute partout, ma fille confiante mais ma femme est inquiète (elle me connait…). J’attaque la course à pied, essaye de faire des calculs : 16 heures de temps maxi moins 8h30 cela me laisse combien pour le marathon? Ma réflexion est interrompue par le speakeur qui annonce l’arrivée du vainqueur, le calcul est vite fait, j’ai un marathon de retard sur le premier. La promenade des anglais est psychologiquement très dure, une longue ligne droite de 5,5 km à faire 8 fois ponctuée de ravitaillement. L’objectif de 6 minutes au kilomètre est vite oublié, le mode survis est enclenché dès le cinquième kilomètre, je compte les bouches d’égouts, les lampadaires pour tuer le temps et oublier les crampes. Anthony me croise et m’encourage comme il peut, je dois tenir, je suis dans le fond du trou, je trottine et refuse de marcher en dehors des zones de ravitaillement. Un peu plus de cinq heures plus tard, je vois la finish line, les crampes disparaissent au fur et mesure que je me rapproche. Plus que 30 mètres, un conçurent cherche à me chiper MA 1740 nième place, le sprint est lancé et je franchis la ligne devant lui. Je viens de réaliser que j’ai tout simplement oublié d’embrasser et de serrer dans mes bras tous ceux qui me sont chères et qui sont là depuis 4h30 heures du matin pour me supporter. C’est « bête » un sportif par moment. Je n’en reviens pas, je viens de finir en 13h41. Que du bonheur. Bravo Anthony pour ton 12h48
  • 29 et 30 juin 2015 : quelques douleurs, courbatures… rien de grave mais cela fait très mal quand même…
  • 01 Juillet 2015 : je reprends le travail et essaye de prodiguer quelques conseils à Alex pour Gravelines. Il n’en n’aura pas besoin
  • 05 juillet 2015 : Alex Babin finit son IRON MAN dans le temps canon de 12h08. Je suis heureux pour lui et savoure enfin pleinement l’instant présent.
 
Un peu long tout cela mais difficile de faire plus court pour résumer ces 10 dernières années de passion dévorante. Merci à tous ceux qui m’ont supporté, entrainés et / ou encouragé (Karl & Nadine inclus), car comme le dit un autre adage, ce qui ne vous tue pas vous grandit.
 
Pour conclure je dirais : faite de la peinture, de la danse ou du triathlon mais faite le avec passion et aller au bout de vos rêves.
 
Bruno.